Vous avez toutes et tous entendu parler du LHC (Large Hadron Collider) à Genève, le collisionneur de particules qui vient d’atteindre une énergie formidable pour explorer de nouvelles frontières de la physique. Ce remarquable exploit est le fruit de la collaboration de milliers de personnes (2250 au CERN et 10000 au total répartis dans 85 pays).
Des études sociologiques ont pu être menées sur ces personnes engagées ensemble dans un projet d’une ampleur jamais égalée dans aucun projet. Ce qui est remarquable, c’est l’organisation non conventionnelle qui a permis une telle réussite.
[source Nature]
Voici quelques exemples qui vous permettront, toutes choses égales par ailleurs, de faire la comparaison avec un Orchestre Amateur : le chef (lui-même dit qu’il ne sert à rien (:o)), les pupitres et le travail au sein de chacun, les solistes, la partition, le travail personnel, les répétitions …

Alors c’est quoi ? L’article fait référence à une “commune”, (oui, par exemple celle de 1871 à Paris). Les participants du CERN quittent joyeusement leur maison et abandonnent leur individualité pour travailler au plus grand tout. Les règles de police sont internes, il y a des restaurants, un bureau de poste, une banque et plein d’autres choses pour vous faciliter la vie. On ne vient pas en visiteur, on se sent comme si on venait à la maison.
Par exemple, on ne vote pas entre des conceptions différentes, les groupes en compétition sont renvoyés régulièrement pour refaire leur propre conception jusqu’à ce que le consensus émerge sur une solution unique. Le processus peut allonger les délais, mais il est le garant de la solidité et de la pérennité du groupe. Ainsi, personne ne se sent rejeté. Les groupes – ou les individus – acceptent de perdre, tout en restant attachés à collaborer à l’ensemble.
Le responsable de communication d’un groupe est considéré comme le “boss” mais il ou elle n’a aucun moyen d’imposer des décisions de façon tyrannique. Les personnes sont souvent employées par une université extérieure, pas par le CERN, elles ne peuvent pas être “virées” comme dans l’industrie.
On peut aussi constater que le mot “commune” fait qu’il existe peu de rivalité entre les différentes personnes. Au contraire, il existe une “saine compétition organisée” entre les sous-groupes, qui travaillent à construire les divers éléments de façon rapide et efficace.
Tous les papiers scientifiques qui relatent les résultats expérimentaux comportent le nom de chacun des collaborateurs (dans le cas du CERN, cela peut représenter 10 à 15 pages serrées de noms par ordre alphabétique et par pays, qui ne permettent pas aisément de connaître les personnes à l’origine du travail). Cela renforce le sentiment que le travail est bien collectif et appartient à tous.
Dernier point, mais je ne sais pas si la comparaison tient avec un orchestre, le nombre élevé de personnes du CERN qui font des cauchemars dans lesquels leurs actions font capoter le projet, ce qui est typique d’une forte identification avec la machine.
Après tout, si c’est le prix à payer pour une telle réussite depuis 50 ans !!









